lundi 10 décembre 2007

Quand les évêques s’unissent contre les nouvelles formes d’esclavage.


Pour commémorer les 200 ans de l’abolition de l’esclavage en Afrique, près de 30 évêques d’Europe et d’Afrique se sont réunis à Cape Coast au Ghana du 13 au 18 novembre dernier.

Deux siècles après l’abolition de l’esclavage, force est de constater qu’un nombre important de personnes est encore esclave de la pauvreté et des injustices. En effet le trafic humain, le travail forcé, les enfants-soldats et la prostitution sont ces nouvelles formes d’esclavage. Le séminaire, organisé par le Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM) et par le Conseil des conférences épiscopales d’Europe (CCEE), avait pour objectif de lancer un appel contre ces nouvelles formes d’esclavage. D’où le choix du thème tiré du livre d’Ezéchiel: « Je connais les souffrances de mon peuple. L’esclavage et les nouveaux esclavages ».

Des voix s’élèvent encore aujourd’hui pour combattre ces fléaux qui, pour la plupart, trouvent leurs origines dans la culture postmoderne, aidée par le vent de la sécularisation qui relègue Dieu à la sphère privée de l’existence humaine. L’on ne saurait oublier ce fondamentalisme religieux accru qui essaie de s’imposer par la force. Mais à l’origine on note cet énorme fossé économique qui sépare les pays riches des pays pauvres. Pour combler ces disparités, signalent les évêques, de nouvelles mesures doivent être mises en œuvre « pour instaurer un nouvel ordre économique mondial qui garantisse une distribution plus équitable des ressources mondiales » tout comme il est nécessaire que soit banni tout désir de domination et d’exploitation.

Par cette action l’Eglise s’associe à ces multiples voix qui combattent sans cesse cette nouvelle culture de l’esclavage et la servitude. Mais saura-t-elle se faire entendre dans une société où l’homme est un loup pour l’homme ? Une issue favorable serait celle de développer dans la synodalité une pastorale qui favoriserait une culture de la vie et de la famille, tout en proposant des voies qui porteraient à une meilleure collaboration entre les Eglises africaines et européennes.

samedi 1 décembre 2007

"Sauvés par l'espérance"


La nouvelle encyclique du pape Benoît XVI Spe Salvi sur l’espérance chrétienne a été présentée ce matin à la presse par le Cardinal Georges Cottier, Pro-théologien de la Maison pontificale, et le Cardinal Albert Vanhoye, Professeur émérite près l’Institut biblique pontifical.

Près de deux ans après Deus caritas est sur l’amour et la charité parue en janvier 2006, le Saint Père a consacré un nouveau texte doctrinal à une autre des trois vertus théologales (foi, espérance, charité). Deuxième encyclique depuis le début de son pontificat, le pape y fait une autocritique d’un christianisme moderne qui, en réaction à la foi dans le progrès qui a marqué les deux derniers siècles, a eu tendance à se replier sur le salut personnel de l’âme. Or, « notre espérance est toujours essentiellement une espérance pour les autres », écrit-il à l’adresse des 1,1 milliards de catholiques dans le monde. Cette encyclique du pape manifeste encore une fois sa préoccupation pour les erreurs qui, selon lui, menacent l’humanité après avoir pris naissance dans l’Europe des Lumières. C’est pourquoi il lance une vigoureuse attaque contre l’athéisme, jugé responsable des « plus grandes cruautés » et des « plus grandes violations de la justice » dans l’Histoire. Dans ce document de près de 80 pages, émaillé de références philosophiques et littéraires tirées de la culture européenne, le pape théologien exhorte les chrétiens à placer leur espérance en Dieu et non dans la technologie, les richesses matérielles ou les idéologies politiques.

De prime abord, Spe Salvi semble s’adresser aux pays de vieille chrétienté, spécialement l’Europe, et pourtant sa perspective ne se limite pas à ce continent. C’est toute la chrétienté qui est interpellée. En effet si le pape s’attaque aux idéologies séculières c’est justement pour répondre au problème de l’espérance dans le monde d’aujourd’hui. C’est un programme qu’il s’est fixé et qu’il essaye de respecter avec énergie et dynamisme en deux ans et demi de pontificat. Sans doute la prochaine encyclique portera sur la foi.