dimanche 27 janvier 2008

Protégeons nos enfants.

A l’aube du 21e siècle, près d’un million d’enfants sont victimes d’exploitation. Leur sort à travers le monde semble très précaire, car rien ne leur est épargné: travaux forcés, esclave sexuel, soldats malgré eux, trafic d’organes, mutilations, sans oublier les adoptions frauduleuses.

A Turin, le patron d’un atelier de confection clandestin est arrêté parce qu’il forçait ses propres enfants, deux fillettes âgées de cinq ans, à travailler dans des conditions particulièrement pénibles. Ce fait divers ne peut manquer de réveiller en nous quelques douloureuses images liées à l’exploitation du travail des enfants. C’est aussi le cas de ces enfants en Indonésie, suspendus par les pieds et battus pour avoir été distraits pendant la confection d’un tapis. Inutile d’aller plus loin : le travail des enfants est un sujet qui, heureusement, ne laisse pas les opinions publiques indifférentes. Actuellement, près de 250 millions de garçons et de fillettes, essentiellement dans les pays en voie de développement, sont les victimes de ce fléau. Ceux qui en profitent, répondent toujours qu’il s’agit d’une sorte de tradition et que l’enfant est fier de permettre ainsi la survie de sa famille et de participer au développement de son pays. Le problème n’est pas simple : par exemple, le boycott de vêtements fabriqués par la main d’œuvre enfantine du Bangladesh a conduit au licenciement de dizaines de milliers d’enfants qui, finalement, ont été forcés de travailler à des besognes plus dangereuses.

De plus en plus, on avance l’idée d’établir un droit du travail mondial susceptible de contrer les effets négatifs du libéralisme économique et de la globalisation. Mais cela n’est pas possible sans l’émergence d’une conscience plus fraternelle. Le but n’est pas d’établir des règles pour s’opposer à la concurrence économique des pays pauvres, mais de faire en sorte que des enfants soient restaurés dans leur dignité. Ce n’est donc pas en imposant des règlements que nous parviendrons à un résultat, mais en donnant de nous-mêmes, en faisant preuve de beaucoup plus de justice et de fraternité. Et cette fois, ce sont les enfants de la planète qui nous le demandent.

samedi 26 janvier 2008

Harry Potter: Sorcellerie et messe noire… pour rire?

La banalisation de l’occultisme et de la sorcellerie dans certains livres, en particulier les romans de Harry Potter et certaines séries TV, est-elle vraiment sans danger pour nos enfants? Comment ne pas s’inquiéter face aux romans qui contiennent des descriptions authentiques de phénomènes, de pratiques et de doctrines occultes voire sataniques ?

Le danger de Harry Potter nous semble résider dans le fait que, à la différence des contes de fées, le passage de l’imaginaire au réel n’est pas respecté. Les enfants sont invités à superposer les deux plans, avec un risque évident de confusion. Risque d’autant plus grand que dans notre cas, ce monde imaginaire se trouve être le monde occulte, qui n’est pas vraiment imaginaire. Comment voulons-nous que les jeunes nous croient lorsque nous les mettons en garde contre le danger de pratiques occultes, s’ils ont baigné pendant plusieurs années dans une littérature du genre? Nous sommes quelquefois confrontés à des témoignages de parents qui ont vécu ce glissement de leur enfant vers l’occultisme ou le satanisme avec parfois une fin tragique. Beaucoup de parents sont enchantés de voir leurs enfants se passionner soudain pour la lecture de genre et beaucoup se laissent prendre au jeu. Ils semblent prendre ces histoires et films Harry Potter comme des contes et ne s’inquiètent donc pas de leur contenu truffé de formules magiques et autres incantations auxquelles ils ne croient pas.

Le contenu pédagogique de Harry Potter peut cependant constituer pour les enfants une introduction dans le monde délirant de la magie, de la sorcellerie et du satanisme ; phénomènes qui existent réellement, et dont l’expérience prouve qu’ils sont extrêmement dangereux. C’est conscient de ces dangers que le Pape Benoît XVI, à l’occasion de la 41e Journée de la communication, invitait à une pédagogie « positive ». Il revient donc aux parents, à l’Église, aux écoles, ainsi qu’aux responsables des médias, d’assurer aux enfants une utilisation prudente des médias, qui les guidera alors dans le choix ou le rejet des romans, des films et des programmes qui sont à leur disposition.

L'héritage chrétien en disgrâce

Aujourd’hui la religion chrétienne est en crise. Elle semble ne plus être pour beaucoup la référence obligée en matière de morale. Plusieurs raisons expliquent les dérives culturelles et la désaffection vis-à-vis des croyances chrétiennes. Qu’avons-nous fait de notre héritage chrétien ?

L’univers religieux de la plupart de nos contemporains est-il encore chrétien, dans l’acception que l’Eglise donne à ce mot ? Assurément, l’homme d’aujourd’hui s’en éloigne à grandes enjambées. Pour lui, en effet, une culpabilité en appartenance fait partie de la structure même de l’existence, et l’éthique, devenue autonome, se dégage de la religion. La religion n’est plus une vertu nécessaire pour bien se comporter. La sexualité, et sa phobie entretenue par le christianisme, constituent à n’en pas douter une des raisons principales de la fuite des normes morales de l’Eglise. La conscience personnelle a remplacé les bulles papales. Le mal demeure mais il s’agit là d’une culpabilité non religieuse, l’éthique étant devenue autonome par rapport à la religion. A cette crise s’ajoutent les croyances aux parasciences, telles que la transmission de pensée, à l’astrologie, à la sorcellerie, à la voyance ou aux tables tournantes. Il n’est pas indifférent de constater que les jeunes sont les plus sensibles à ces croyances parallèles, auxquelles les plus intégrés au catholicisme ne sont pas toujours les plus hostiles. Si l’existence de Dieu est certaine, la plus grande confusion règne, semble-t-il, entre la science et la foi.

Comment donc permettre à des opinions aussi divergentes de cohabiter dans une certaine harmonie. Ne faut-il pas alors que l’on redonne vigueur à la notion de laïcité qui servirait alors de principe de vie commune. Elle aiderait sans doute de passer au crible de la rationalité certaines dérives excessives de la science aussi bien que de la foi. Elle permettrait déjà, sans doute, d’en déceler les origines.

vendredi 25 janvier 2008

La semaine de l'unité des chrétiens s'est achevée aujourd'hui

Aujourd’hui 25 janvier, s’achève la semaine de l’Unité des chrétiens. Le thème de cette année, tiré de l’épître de Saint Paul aux Thessaloniciens, appelait non seulement à la prière, mais aussi à l’unité et à la justice sociale.

Depuis janvier 1939, dans sa forme actuelle, la semaine pour l’unité des chrétiens, est une institution qui, bien que centenaire, garde toute sa vitalité. Notamment là où des groupes oecuméniques dynamiques sont en place, des chrétiens aiment à se retrouver pour demander la grâce de l’unité. Le passage biblique choisi pour la célébration est tiré de la première lettre aux Thessaloniciens. Le texte de référence souligne le rôle essentiel de la prière dans la vie de la communauté des croyants. L’appel à « prier sans cesse » fait partie de cette liste d’impératifs que Saint Paul adresse aux Thessalonites. Cela nous rappelle que la vie dans une communauté chrétienne n’est possible qu’à travers une vie de prière. Plus encore, Paul montre que la prière est partie intégrante de la vie des chrétiens précisément lorsqu’ils cherchent à manifester l’unité qui leur est donnée en Christ, une unité qui ne se limite pas aux accords doctrinaux et aux déclarations officielles, mais qui s’exprime dans tout ce qui contribue à la paix et à la justice, par des actions concrètes qui témoignent de leur unité en Christ et entre eux et la font s’accroître.

Avant l’angélus de dimanche dernier, le Pape a rappelé que la semaine de l’unité des chrétiens était un moment pendant lequel catholiques, orthodoxes, anglicans, et protestants, conscients que leurs divisions constituent un obstacle à l’accueil de l’Evangile, implorent ensemble du Seigneur, plus intensément encore, le don de la pleine communion. Dans un monde toujours changeant et divisé, l’appel de Jésus Christ priant pour que tous soient un, est une priorité pour transformer le monde. Mais c’est une exhortation que le Pape adressait à tous, car nous avons tous le devoir, insistait-il, de « prier et de travailler pour surmonter toute division entre chrétiens, en répondant au désir du Christ ».

Un Pape au service de la vérité


Il y a une semaine l'inimaginable est arrivé. La visite de Benoît XVI à l'université "La Sapienza" à Rome, à l'occasion de l'inauguration de l'année académique a avorté. La nouvelle a bouleversé l'Italie. Aujourd’hui on peut tirer les conséquences.

Comme dans le conte de l'apprenti sorcier, ceux qui, à divers niveaux, ont permis que grandisse la polémique autour de la visite du Pape à La Sapienza, se préoccupent et regrettent. Et la gravité du fait, sans précédent dans l'histoire de l’Italie, est confirmée par la lettre à Benoît XVI de Giorgio Napolitano, un geste sincère et noble qui a atténué en partie l'incident. L’intention de Benoît XVI était pourtant évidente : démontrer son intérêt et sa sympathie à l'égard de la grande communauté académique, qui vit ces derniers temps la plus importante crise des institutions universitaires, en Italie, et plus généralement à l'échelle mondiale. En théologien et pasteur, le Pape voulait donner son avis sur le rôle de l'université, avec une clarté rationnelle et ouverte au débat. Dans la continuité de ses prédécesseurs, le Pape revenait ainsi dans un lieu où il s'était déjà rendu en tant que Cardinal le 15 février 1990, pour soutenir la nécessité d'une dialectique positive entre foi et raison, mais il a dû y renoncer. Dans cette université, la plus prestigieuse d’Italie, le théologien émérite voulait aussi apporter sa contribution à la science, avec la confiance que la raison n’est pas prisonnière de la foi.

Existe-t-il alors quelqu'un qui peut honnêtement considérer cette attitude comme obscurantiste et hostile à la science? Ou doit-on craindre cet homme doux et raisonnable, ce pasteur qui, aussitôt élu sur la chaire de Rome, a déclaré avoir accepté son ministère dans la conscience de ne pas être seul ? Et le Pape n'est pas seul: toute l'Eglise prie aujourd'hui pour lui, comme elle priait pour Pierre à Jérusalem. Et très nombreux sont aussi les non-catholiques et les non-chrétiens qui sont proches de lui, sans avoir peur de se confronter avec la vérité.

jeudi 24 janvier 2008

Les moyens de communication : « Un mégaphone du matérialisme et du relativisme »


Ce jeudi 24 janvier 2008, a eu lieu à 11h30, dans la Salle Jean-Paul II de la Salle de presse du Vatican, la Conférence de presse de présentation du Message de la 42e Journée Mondiale des Communications Sociales du Saint-Père Benoît XVI qui cette année a pour thème: « Les moyens de communication sociale : carrefour entre rôle et service. Chercher la Vérité pour la partager ».

Le message du pape a été publié comme chaque année en la fête de saint François-de-Sales, patron des journalistes. Pour Mgr Claudio Maria Celli, président du Conseil pontifical des communications sociales, le thème choisi par Benoît XVI est une invitation «à réfléchir au rôle des media en rapport surtout avec le risque, toujours présent, qu’ils deviennent pour eux-mêmes leur propre référence et non plus, ou plus seulement, des instruments au service de la vérité, qui doit être recherchée et partagée».

Dans son message traditionnel, le Pape s’en est pris aux moyens de communication qui, selon lui, risquent de s’abattre sur l’humanité. Ainsi a-t-il considéré les médias comme un mégaphone du matérialisme économique et du relativisme éthique, véritables plaies de notre temps. Selon le Souverain pontife, les médias doivent être au contraire, des instruments au service d’un monde plus juste et plus solidaire. Toutefois il a exalté les nouveaux médias et Internet, comme une occasion précieuse pour rendre mieux visibles les traits essentiels et inaliénables de la vérité sur la personne humaine.

La Journée mondiale des communications sociales est la seule qui ait été instituée par le concile Vatican II, dans le décret sur les media, «Inter Mirifica», de 1963. Elle sera célébrée le dimanche 4 mai 2008 , le dimanche précédant la Pentecôte et non le troisième dimanche du mois de mai comme cela avait été annoncé l’année dernière.

Retour au bercail de certains lefebvristes


Le Vatican a fait d’importantes concessions à un petit groupe dissident de la Fraternité
Saint-Pie X, ouvrant une brèche pour d’autres catholiques en désaccord avec Rome.

Après la rencontre historique entre Benoît XVI et Mgr Bernard Fellay, le chef de file des lefebvristes, les négociations pour la réconciliation semblaient au point mort. Las d’attendre que la famille intégriste surmonte ses désaccords, le Vatican s’est décidé à passer à l’offensive, ouvrant ainsi les bras à un petit groupe de lefebvristes, dissidents de la Fraternité Saint-Pie X. Par un décret, la Congrégation pour le clergé a érigé un nouvel institut religieux de droit pontifical, celui du «Bon pasteur» qui aura à sa tête l’abbé Philippe Laguérie, exclu de la Fraternité Saint-Pie X. D’autres prêtres dissidents feront aussi partie de ce nouvel institutdont le siège devrait être en France, à Bordeaux, à l’église Saint-Éloi.

La création de l’Institut « Bon Pasteur » marque une nouvelle étape dans le rapprochement avec les traditionalistes. Les concessions faites par Rome permettront aux membres du « Bon Pasteur » de célébrer la messe «exclusivement» selon la liturgie traditionnelle de saint Pie V. Ils s’invitent aussi à «une critique constructive» du concile Vatican II. Ni la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre, ralliée au Vatican en 1988, ni la Fraternité traditionaliste de Saint Jean-Marie Vianney, érigé en 2002 au Brésil, n’avaient été créées sous les mêmes auspices. Le Saint-Siège leur avait accordé le droit de célébrer la messe selon le missel tridentin, à condition de reconnaître le concile Vatican II, interprété «à la lumière de la tradition».

À Rome et dans les rangs du nouvel institut, on souligne aussi que cet accord correspond aux revendications de toujours de Mgr Marcel Lefebvre mort en 1991. Le Vatican ouvre ainsi une brèche dans laquelle de nombreux fidèles en désaccord avec Rome pourraient s’engouffrer. Quant aux responsables du Bon Pasteur, ils espèrent que d’autres prêtres de la Fraternité Saint-Pie X, qui restent pour le moment silencieux, saisiront cette occasion pour les rejoindre et regagner ainsi la pleine communion avec le Pape.

lundi 21 janvier 2008

Le Pape ovationné sur la place Saint Pierre après sa visite annulée à La Sapienza.


La place Saint Pierre a grouillé de monde le dimanche 21 à l’heure de la prière de l’Angélus, pour applaudir le pape Benoît XVI quelques jours après l’annulation de sa visite à l’université La Sapienza de Rome.

Le Vatican a estimé à 200.000 le nombre de personnes qui ont répondu à l’appel du cardinal Ruini après la décision du pape de ne pas se rendre à La Sapienza en raison de la contestation de 67 enseignants et des petits groupes d’étudiants. « Merci à tous de votre présence. Allons de l’avant dans un esprit de fraternité et d’amour pour la liberté et la vérité et un engagement commun pour bâtir une société fraternelle et tolérante », a déclaré le Souverain pontife. Revenant sur l’annulation sans précédent de sa visite dans cette université, la plus importante d’Italie, il a expliqué: « le climat qui s’était créé avait rendu inopportune ma présence ». Le professeur émérite de théologie a encouragé sous les ovations les universitaires à « être toujours respectueux des opinions des autres et à rechercher, avec un esprit libre et responsable, la vérité et le bien ». La contestation à La Sapienza, était née parmi les enseignants du département de physique qui jugeaient « incongrue », au nom de la laïcité, la décision du recteur d’inviter le Pape à l’inauguration de l’année académique. Le relais a ensuite été pris par des petits groupes d’étudiants qui ont organisé une semaine anticléricale brocardant les positions du Saint Père sur l’avortement et l’homosexualité. L’affaire a constitué un choc pour la plupart des Italiens. Durant toute la semaine, la classe politique dans sa quasi-totalité a apporté son soutien au Pape et condamné « l’intolérance » des contestataires.

Parmi les sympathisants on pouvait noter ce dimanche la présence de nombreuses personnalités politiques. D’autres voix se sont faites entendre, notamment celle du président de la République Giorgio Napolitano qui a exprimé dans une lettre au Pape son « vif regret » de l’annulation de sa visite. Le chef du gouvernement Romano Prodi quant à lui a appelé à « mettre fin à la tension ». L’évènement a été suivi dans certaines villes sur des écrans géants installés sur les places des cathédrales.

dimanche 13 janvier 2008

"Les aphorismes de Newman"


Un des mérites qu’on reconnaît au cardinal Jean Honoré, c’est d’avoir su perpétrer la pensée du cardinal John Henry Newman. Son dernier ouvrage en date, publié aux éditions du Cerf s’intitule les aphorismes de Newman.

Le cardinal Jean Honoré est un des plus grands spécialistes de la pensée du cardinal John Henry Newman. Grand théologien anglican du XIXe siècle converti au catholicisme au milieu de sa vie (1845), Newman est un intellectuel brillant doué d’un génie de l’écriture. C’est justement en insistant sur cette capacité à saisir d’un trait une chose essentielle, que le cardinal Honoré traverse tout de Newman. Son ouvrage, les aphorismes de Newman, s’arrête sur ces expressions condensées pour les éclairer des circonstances dans lesquelles elles ont été écrites et pour les rendre plus pertinentes encore. « Mille difficultés ne font pas un doute », écrivait-il. Ou encore : « vivre tranquille, c’est être en danger », s’écrie le jeune pasteur anglican en 1825, dans l’une de ses premiers sermons. « La visée de Newman est de prévenir les fausses assurances que se donne la bonne conscience du croyant », commente l’auteur de cette analyse littéraire et théologique de l’œuvre de Newman. Le cardinal Honoré s’applique enfin à rendre la dimension spirituelle de ces écrits qui, non seulement sont solidement charpentés, mais viennent, d’un trait, nourrir l’intériorité.

Rédigé sur 252 pages, Les aphorismes de Newman est un livre accessible qui permet d’entrer dans l’œuvre foisonnante d’une pensée qui a encore beaucoup à dire aux croyants d’aujourd’hui.