samedi 26 janvier 2008

L'héritage chrétien en disgrâce

Aujourd’hui la religion chrétienne est en crise. Elle semble ne plus être pour beaucoup la référence obligée en matière de morale. Plusieurs raisons expliquent les dérives culturelles et la désaffection vis-à-vis des croyances chrétiennes. Qu’avons-nous fait de notre héritage chrétien ?

L’univers religieux de la plupart de nos contemporains est-il encore chrétien, dans l’acception que l’Eglise donne à ce mot ? Assurément, l’homme d’aujourd’hui s’en éloigne à grandes enjambées. Pour lui, en effet, une culpabilité en appartenance fait partie de la structure même de l’existence, et l’éthique, devenue autonome, se dégage de la religion. La religion n’est plus une vertu nécessaire pour bien se comporter. La sexualité, et sa phobie entretenue par le christianisme, constituent à n’en pas douter une des raisons principales de la fuite des normes morales de l’Eglise. La conscience personnelle a remplacé les bulles papales. Le mal demeure mais il s’agit là d’une culpabilité non religieuse, l’éthique étant devenue autonome par rapport à la religion. A cette crise s’ajoutent les croyances aux parasciences, telles que la transmission de pensée, à l’astrologie, à la sorcellerie, à la voyance ou aux tables tournantes. Il n’est pas indifférent de constater que les jeunes sont les plus sensibles à ces croyances parallèles, auxquelles les plus intégrés au catholicisme ne sont pas toujours les plus hostiles. Si l’existence de Dieu est certaine, la plus grande confusion règne, semble-t-il, entre la science et la foi.

Comment donc permettre à des opinions aussi divergentes de cohabiter dans une certaine harmonie. Ne faut-il pas alors que l’on redonne vigueur à la notion de laïcité qui servirait alors de principe de vie commune. Elle aiderait sans doute de passer au crible de la rationalité certaines dérives excessives de la science aussi bien que de la foi. Elle permettrait déjà, sans doute, d’en déceler les origines.

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