vendredi 25 janvier 2008

Un Pape au service de la vérité


Il y a une semaine l'inimaginable est arrivé. La visite de Benoît XVI à l'université "La Sapienza" à Rome, à l'occasion de l'inauguration de l'année académique a avorté. La nouvelle a bouleversé l'Italie. Aujourd’hui on peut tirer les conséquences.

Comme dans le conte de l'apprenti sorcier, ceux qui, à divers niveaux, ont permis que grandisse la polémique autour de la visite du Pape à La Sapienza, se préoccupent et regrettent. Et la gravité du fait, sans précédent dans l'histoire de l’Italie, est confirmée par la lettre à Benoît XVI de Giorgio Napolitano, un geste sincère et noble qui a atténué en partie l'incident. L’intention de Benoît XVI était pourtant évidente : démontrer son intérêt et sa sympathie à l'égard de la grande communauté académique, qui vit ces derniers temps la plus importante crise des institutions universitaires, en Italie, et plus généralement à l'échelle mondiale. En théologien et pasteur, le Pape voulait donner son avis sur le rôle de l'université, avec une clarté rationnelle et ouverte au débat. Dans la continuité de ses prédécesseurs, le Pape revenait ainsi dans un lieu où il s'était déjà rendu en tant que Cardinal le 15 février 1990, pour soutenir la nécessité d'une dialectique positive entre foi et raison, mais il a dû y renoncer. Dans cette université, la plus prestigieuse d’Italie, le théologien émérite voulait aussi apporter sa contribution à la science, avec la confiance que la raison n’est pas prisonnière de la foi.

Existe-t-il alors quelqu'un qui peut honnêtement considérer cette attitude comme obscurantiste et hostile à la science? Ou doit-on craindre cet homme doux et raisonnable, ce pasteur qui, aussitôt élu sur la chaire de Rome, a déclaré avoir accepté son ministère dans la conscience de ne pas être seul ? Et le Pape n'est pas seul: toute l'Eglise prie aujourd'hui pour lui, comme elle priait pour Pierre à Jérusalem. Et très nombreux sont aussi les non-catholiques et les non-chrétiens qui sont proches de lui, sans avoir peur de se confronter avec la vérité.

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