A l’aube du 21e siècle, près d’un million d’enfants sont victimes d’exploitation. Leur sort à travers le monde semble très précaire, car rien ne leur est épargné: travaux forcés, esclave sexuel, soldats malgré eux, trafic d’organes, mutilations, sans oublier les adoptions frauduleuses.A Turin, le patron d’un atelier de confection clandestin est arrêté parce qu’il forçait ses propres enfants, deux fillettes âgées de cinq ans, à travailler dans des conditions particulièrement pénibles. Ce fait divers ne peut manquer de réveiller en nous quelques douloureuses images liées à l’exploitation du travail des enfants. C’est aussi le cas de ces enfants en Indonésie, suspendus par les pieds et battus pour avoir été distraits pendant la confection d’un tapis. Inutile d’aller plus loin : le travail des enfants est un sujet qui, heureusement, ne laisse pas les opinions publiques indifférentes. Actuellement, près de 250 millions de garçons et de fillettes, essentiellement dans les pays en voie de développement, sont les victimes de ce fléau. Ceux qui en profitent, répondent toujours qu’il s’agit d’une sorte de tradition et que l’enfant est fier de permettre ainsi la survie de sa famille et de participer au développement de son pays. Le problème n’est pas simple : par exemple, le boycott de vêtements fabriqués par la main d’œuvre enfantine du Bangladesh a conduit au licenciement de dizaines de milliers d’enfants qui, finalement, ont été forcés de travailler à des besognes plus dangereuses.
De plus en plus, on avance l’idée d’établir un droit du travail mondial susceptible de contrer les effets négatifs du libéralisme économique et de la globalisation. Mais cela n’est pas possible sans l’émergence d’une conscience plus fraternelle. Le but n’est pas d’établir des règles pour s’opposer à la concurrence économique des pays pauvres, mais de faire en sorte que des enfants soient restaurés dans leur dignité. Ce n’est donc pas en imposant des règlements que nous parviendrons à un résultat, mais en donnant de nous-mêmes, en faisant preuve de beaucoup plus de justice et de fraternité. Et cette fois, ce sont les enfants de la planète qui nous le demandent.







