
L’évêque de Rome est considéré comme le protos, c’est-à-dire le « premier » parmi les patriarches aussi bien des Eglises d’Occident que d’Orient. C’est la conclusion présentée par le document rendu public jeudi dernier par la Commission mixte internationale pour le dialogue entre l’Eglise catholique et les Eglises orthodoxes.
La rencontre qui s’est tenue à la Ravenne, du 8 au 14 novembre avait pour thème : « Les conséquences ecclésiologiques et canoniques de la nature sacramentelle de l’Eglise : communion ecclésiale, conciliarité et synodalité dans l’Eglise ».Ce document commenté par le cardinal Kasper sur Radio Vatican affirme, en 46 points regroupés dans une dizaine de pages, que catholiques et orthodoxes sont d’accord sur le fait que l’Evêque de Rome soit considéré comme le premier parmi les patriarches du monde entier, étant donné que Rome est, selon l’expression d’Ignace d’Antioche, l’ « Eglise qui préside dans la charité ». Pour la première fois a déclaré le cardinal, les Eglises orthodoxes reconnaissent cela au niveau universel de l’Eglise et qu’à ce niveau il y a conciliarité, synodalité et autorité. Ce qui signifie qu’il existe un primat qui, selon la tradition de l’Eglise ancienne, est celui de l’évêque de Rome, le premier des évêques.Cependant les participants n’ont pas traité des privilèges de l’évêque de Rome mais seulement fixé la procédure à venir. Ce document ajoute le prélat catholique « est donc un modeste premier pas porteur d’espérance, dont on ne doit pas exagérer la portée ». Le cardinal Walter Kasper a dit qu’il était prévu d’aborder avec les orthodoxes la question du rôle de l’évêque de Rome dans l’Eglise universelle du premier millénaire, avant de passer à la problématique du second millénaire, à la lumière des Conciles Vatican I et II. Ce sera a-t-il conclu « une démarche délicate, un cheminement très long
et difficile.
Les travaux de la Commission ont été dirigés par le métropolite Ioannis de Pergame, Patriarcat œcuménique et le cardinal Kasper, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, aidés de deux co-secrétaires, le métropolite Gennadios de Sassime (patriarcat œcuménique) et Mgr Fortino. Cette Commission mixte, instituée à Istanbul par le pape Jean-Paul II et le patriarche œcuménique Dimitrios I, le 30 novembre 1979, pour la fête de saint André, patron de l’Eglise de Constantinople, a commencé ses travaux en 1980. Elle les a repris en 2006, après une pause de 6 ans due à certaines divergences.
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